Elles sont si célèbres qu’on oublie parfois le sens que leur donne leur auteur.
« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve »
Héraclite, Fragments (VIe-Ve s. av. J.-C.)
N’en déplaise aux philosophes qui exaltent l’unité, l’éternité, l’Être avec un grand E, rien n’est stable, rien n’est permanent dans le monde et dans le cosmos. Même le fleuve dans lequel nous nous baignons n’est jamais le même, car son courant emporte tout. Il ne faut pas espérer trouver un point d’ancrage fixe, ni dans le réel, ni dans les idées. Tout est mouvement, changement, devenir. Et c’est très bien ainsi !

« Je sais que je ne sais rien »
Socrate, dans l’Apologie de Socrate et le Ménon de Platon (IVe s. av. J.-C.)
Chacun pense bien connaître son domaine de compétence, et a souvent des idées arrêtées sur ce qui est vrai ou faux, bien ou mal, beau ou laid. Mais Socrate, lui, questionne tout le monde, surtout ceux qui prétendent tout savoir, et leur démontre, avec malice, leur ignorance. Il existe des idées indubitables et des valeurs absolues, mais, pour espérer les découvrir, il faut d’abord avoir le courage de confesser son ignorance.

