Le 25 mai 2019, Alfred Nakache a fait son entrée au Hall of Fame de la natation mondiale. Nous aimons les héros. Ce gars-là est parti de rien et il est devenu champion. Tout est possible quand on arrive à se dépasser, a commenté le responsable de l'institution américaine. En 1993, l’État d’Israël lui avait décerné à titre posthume le Trophée du Grand Exemple au Musée du Sport Juif International. En France, plusieurs piscines municipales portent son nom, que ce soit à Nancy, à Montpellier ou dans le quartier de Belleville à Paris. À juste titre : un champion dans les bassins, un héros dans l’existence.
En septembre 1934, pour ses deuxièmes championnats de France, il termine deuxième derrière la légende Jean Taris sur 100 mètres, à 18 ans. En 1935, il s’empare du titre. Le premier d’une collection de 21 médailles nationales. En 1936, après avoir battu le record d’Europe du 4x200 mètres, Nakache prend la direction des JO de Berlin. Avec le relais 4x200 mètres français, Nakache termine 4ème, juste devant les Allemands, mais pas sous les yeux d’Hitler, comme la légende le raconte. En réalité, vexé de ne pas voir plus d’Allemands sur le podium, le Führer n’assiste plus aux épreuves.
Après la débâcle de juin 40, le maréchal Pétain abroge le décret Crémieux de 1870, qui attribuait la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie. Nakache est déchu de sa nationalité. Conséquence : il s’exile en zone libre. Il se réfugie à Toulouse. Il y découvre le club de natation des Dauphins du T.O.E.C. (Toulouse olympique employés club), l’un des plus prestigieux du pays. Nakache y signe. Mais il lui est interdit d’exercer son métier de professeur.